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5 mars 2026Lettres et allocutions

Journée internationale des droits des femmes : protéger nos acquis et poursuivre la marche vers l’égalité

Cette lettre a été publiée dans Le Journal de Québec le 5 mars 2026, afin de souligner la Journée internationale des droits des femmes qui aura lieu le 8 mars. Elle s'inscrit dans une série de lettres ouvertes soulignant les 50 ans de la Charte des droits et libertés de la personne.

À la veille de la journée internationale des droits des femmes, nous souhaitons mettre en lumière et célébrer la contribution remarquable des femmes à l’avancement de la vitalité économique et sociale du Québec.

Cette année, cette journée a une résonance toute particulière à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. En effet, pour la première fois de son histoire, la présidence est assurée par un trio de femmes, témoignant des avancées réalisées au Québec. Rappelons que la Charte des droits et libertés de la personne protège les droits des femmes et interdit la discrimination à leur endroit. La Charte est, et demeure, un outil central de la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes. D’ailleurs, les femmes sont aujourd’hui plus nombreuses que jamais à obtenir des diplômes universitaires et à investir des champs professionnels variés.

Nous saluons notamment les nominations de femmes à la tête d’institutions clés du Québec comme la Direction nationale de la protection de la jeunesse, la Curatrice publique, la Vérificatrice générale, la Commissaire au bien-être et aux droits des enfants, la présidente de la Commission d’accès à l’information, Hydro-Québec, Investissement Québec et la Sûreté du Québec, pour ne nommer que celles-ci. Toutefois, nous ne pouvons ignorer que les femmes restent peu nombreuses dans certains métiers traditionnellement masculins. Les femmes appartenant à des minorités visibles ou vivant avec un handicap font encore face à des difficultés persistantes pour accéder à des postes de responsabilités.

Les conditions salariales offertes dans bien des secteurs à prédominance masculine sont attractives et de plus en plus de femmes se dirigent vers ceux-ci. Cependant, leur capacité à faire carrière dans le secteur de leur choix demeure compliquée par une pluralité d’obstacles avec lesquels la plupart des hommes n’ont pas à composer. C’est particulièrement le cas de secteurs comme celui de la construction où les femmes ne comptent que pour 4 % de la main-d’œuvre des métiers et occupations sur les chantiers. Tout comme il est nécessaire de valoriser les professions à prédominance féminine, faciliter l’intégration des femmes dans des secteurs traditionnellement masculins est crucial pour atteindre une réelle égalité entre les femmes et les hommes au sein de la société québécoise. Les femmes doivent pouvoir choisir librement leur profession sans avoir à affronter des barrières discriminatoires.

En 1976, le revenu d’emploi médian des femmes équivalait à près de 54 % de celui des hommes. En 2023, le ratio avait atteint 81,5 %. Cette progression doit certes être soulignée. Mais comment expliquer qu’un écart subsiste encore, alors que de nombreux secteurs à prédominance féminine — essentiels à la protection des personnes les plus vulnérables — demeurent moins reconnus et moins rémunérés ?

Le Québec a réalisé des avancées remarquables en matière de droits des femmes. Dans un contexte où comparativement à ce qui peut être observé dans certains autres pays du monde, particulièrement au sud de notre frontière, plusieurs acquis sont remis en question, il est plus que jamais essentiel de protéger et préserver cet héritage profondément ancré dans notre histoire collective.

Nadine Koussa
Présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse

Stéphanie Gareau
Vice-présidente responsable du mandat jeunesse de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse


Pour souligner les 50 ans de la Charte des droits et libertés de la personne, la loi fondamentale du Québec, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse publie une série de lettres ouvertes sur divers thèmes afin de souligner l’importance de la Charte comme moteur de l’évolution du Québec depuis 50 ans et tous les défis que la Charte nous permet encore d’affronter collectivement.