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Lauréats et lauréates du concours d'art pour les 50 ans de la Charte

Les mots Concours d'art avec le logo des 50 ans de la Charte des droits et libertés de la personne sur un fond de blocs colorés dans les tons de mauve.
Le jury du concours d'art lancé par la Commission des droits pour souligner les 50 ans de la Charte a fait son choix ! Découvrez les œuvres lauréates.
  • Lauréate du niveau universitaire (ex aequo)

    Johanne Bilodeau | Bercés par le mouvement lent des eaux de la rivière, assemblés par le souffle de l’être ensemble

    Peinture de Johanne Bilodeau, représentation abstraite en rouge, orange et mauve d'un pique-nique et de plantes. Johanne BILODEAU. Bercés par le mouvement lent des eaux de la rivière, assemblés par le souffle de l’être ensemble, 2024. Acrylique sur toile, 61 cm x 76 cm.


    L'œuvre Bercés par le mouvement lent des eaux de la rivière, assemblés par le souffle de l’être ensemble explore, à travers une scène de pique-nique au bord de la rivière où s’entremêlent plantes indigènes et exotiques, la manière dont plusieurs droits garantis par la Charte - se réunir librement, se nourrir, et vivre dans un environnement sain - s’enracinent dans une vision inclusive du faire communauté. L’intégration de végétaux présents au Québec, où plantes indigènes et espèces exotiques envahissantes cohabitent, devient un motif symbolique de cette coexistence et de la diversité qui façonne notre société.

    Johanne Bilodeau est étudiante à la Maîtrise en arts visuels de l’Université Laval.

    « Lors de la réalisation du tableau, je cherchais à aborder l’idée d’un système de valeurs qui soit fondé sur le faire communauté. La symbolique entourant le partage d’un repas en plein air, pratique qui s’étend à toutes les cultures, s’est alors imposé à moi. Il m’apparaissait que de se réunir librement est un droit, tout comme celui de se nourrir et de vivre dans un environnement sain offrant un accès à la nature. »

    « À Québec, mes promenades fréquentes sur le bord de la rivière Saint-Charles m’ont fait découvrir des secteurs de bandes riveraines où l’Impatiente du Cap et sa cousine l’Impatiente glanduleuse (ou Balsamine de l’Himalaya) cohabitent. En choisissant de les entremêler à l’intérieur de ce territoire pictural commun, je souhaitais questionner des étiquettes horticoles qui leur sont apposées : l’Impatiente du Cap est considérée comme une plante indigène, tandis que l’Impatiente glanduleuse comme une EEE (espèce exotique envahissante). Et en choisissant de superposer les lignes contours de ces deux plantes au groupe de pique-niqueurs, je tentais d’établir un parallèle entre les identités horticoles et socio-culturelles. Le tableau des eaux de la rivière, assemblés par le souffle de l’être ensemble exprime ma vision des droits et libertés. »

  • Lauréat du niveau universitaire (ex aequo)

    Zach Ferguson | Cornfields

    Trois photos de l'installation de Zach Ferguson : la boîte vue de loin dans la salle d'exposition, un détail de la boîte où on voit le judas, et l'intérieur de la boîte à travers le judas où on voit le blé.

    Zach FERGUSON. Cornfields, 2025. Matériaux mixtes, 12 x 12 x 24 po.


    L'œuvre Cornfields met en scène, de façon originale et cinématographique, un champ de maïs confiné dans une boîte afin d’illustrer la fragilité de nos droits. Par ce dispositif où la nature n’est accessible qu’à travers un unique judas, l’œuvre explore différents principes de la Charte et y ajoute une dimension politique, questionnant l’illusion, le contrôle et la vulnérabilité des libertés collectives.

    Zach Ferguson est étudiant en Arts visuels et médiatiques à l’Université Laval.

    « La Charte des droits et libertés est, pour moi, un écran vert au potentiel immense : elle permet d’imaginer des futurs plus justes, mais elle peut aussi être manipulée, contournée, édulcorée. Sa force réside dans son existence même, mais sa fragilité vient de notre capacité à l’appliquer pleinement. »

    « En 2025, 50 ans après sa création, je vois la Charte comme un décor toujours en construction. Elle est ce champ de maïs confiné: belle promesse de vie, mais vulnérable. Mon œuvre invite à porter un regard critique mais aussi à rêver — à travers le judas, nous sommes tous appelés à observer, protéger, et participer à l’évolution de ce paysage de droits. »

  • Lauréate du niveau collégial

    Flavie Matte | Je me souviens

    Photo de l'oeuvre de Flavie Matte, quatre cadres arrondis  accrochés côte à côte au mur: l'un avec un poing, l'un un ruban blanc, l'autre une bouche ouverte et le dernier une bougie. Flavie MATTE. Je me souviens, 2025. Crayons de couleur (bois) sur papier cartonné (noir et beige) encadrés dans des cadres avec vitres bombées, 77 cm x 105 cm.


    L'œuvre Je me souviens ramène de façon originale à un événement inscrit dans notre mémoire collective et met en lumière l’importance des droits et libertés au Québec et pourquoi ses principes - égalité, dignité, sécurité,  - sont indispensables et doivent être activement défendus.

    Flavie Matte est étudiante en Arts visuels au Collège Lionel-Groulx.

    « Le 6 décembre 1989, un homme a assassiné 14 femmes et blessé 13 autres personnes à l’École Polytechnique de Montréal. Cet attentat a bouleversé le Québec tout entier. En mémoire à ce drame cauchemardesque, pour mettre l’emphase sur les droits et libertés au Québec et dans le but d’intervenir sous forme de dessins à ce sujet, j’avais envie de créer une série de dessins symboliques de cette journée marquante pour tous. »

    « C’est donc la somme d’une bouche grande ouverte à s’exprimer, d’un poing levé aux couleurs du Québec, d’une bougie en mémoire de ces femmes ayant malheureusement perdu la vie et du ruban blanc symbolisant cet évènement qui forme mon œuvre Je me souviens. »

    « L’utilisation des cadres ajoute selon moi un aspect ancien à l’œuvre, afin de montrer que l’événement remonte à plusieurs années tout en demeurant actuel grâce aux dessins. Mon œuvre s’intitule Je me souviens, non seulement parce qu’il s’agit de la célèbre devise inscrite sur les plaques d’immatriculation du Québec — un rappel auquel tous les habitants peuvent s’identifier — mais aussi parce que ce titre rend hommage à ces femmes et à leurs familles, qui ont traversé une peine inimaginable. »

  • Mention spéciale du jury

    David Lacoursière et Aryanne Tranchemontagne | Pas à pas vers nulle part

    Trois images représentant la performance de Lacoursière et Tranchemontagne : des objets dans la rue dans un petit chariot ou dans les mains des artistes. David LACOURSIÈRE et Aryanne TRANCHEMONTAGNE. Pas à pas vers nulle part, 2024. Performance avec divers objets d’un logis disposés sur un chariot. Durée : 4 heures.

    Sous forme de performance, à travers une marche dans un quartier résidentiel défavorisé de Trois-Rivières, l'oeuvre au cœur du social Pas à pas vers nulle part propose une réflexion sur la responsabilité collective face aux inégalités structurelles qui touchent de manière disproportionnée les populations vulnérables. Le jury a tenu à souligner la documentation de l’action, de la force évocatrice d’une réalité actuelle et l’engagement social de cette démarche.

    David Lacoursière est étudiant au Baccalauréat en arts visuels (profil arts plastiques) à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Il a réalisé cette œuvre avec Aryanne Tranchemontagne.

    « Réalisée en 2024, Pas à pas vers nulle part est une performance qui consiste en une marche à travers un quartier résidentiel défavorisé de la ville de Trois-Rivières, et qui vise à rendre visible la crise du logement au Québec. Cette œuvre est mise en lien avec la Charte des droits et libertés du Québec par son rapport aux valeurs fondamentales que celle-ci défend, notamment celles de la dignité humaine, de l’égalité et de la justice sociale. »

    « Par une action simple mais chargée de sens, la marche mobilise le corps comme vecteur de témoignage et de résistance. Celui-ci traverse un territoire marqué par la précarité résidentielle, mettant en lumière les écarts entre les droits proclamés et leur accessibilité réelle. La performance interroge ainsi la capacité de la société à garantir des conditions de vie dignes, en soulignant que l’accès à un logement sécuritaire et abordable constitue un pilier essentiel à l’exercice des autres droits et libertés. Cette performance investit donc l’espace public et crée un moment de rencontre et de dialogue, invitant les citoyennes et citoyens à prendre conscience des impacts sociaux et humains de la crise du logement. »

Pour plus d'information sur le thème du concours et la composition du jury, rendez-vous sur la page du concours.