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12 mai 2021Communiqués

Racisme envers des cols bleus de Montréal-Nord : la Charte des droits et libertés de la personne s’applique à tous les milieux de travail

La discrimination est interdite dans les milieux de travail, y compris dans les milieux syndiqués, et c'est l’employeur qui a la responsabilité de s’assurer que personne n’exerce de discrimination au sein de son organisation ou de son entreprise, rappelle la Commission suite à la publication d’articles faisant état de racisme et de discrimination systémique envers des cols bleus de Montréal-Nord.

Montréal, 12 mai 2021 – La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse réagit à la publication d’articles ce matin faisant état de racisme et de discrimination systémique envers des cols bleus de Montréal-Nord, une situation qui l’interpelle en vertu de son mandat et qu’elle tient à dénoncer, tout en proposant certaines actions concrètes pour y remédier.

La Commission rappelle que l’article 16 de la Charte des droits et libertés de la personne énonce clairement que les milieux de travail, y compris les milieux syndiqués, doivent être exempts de discrimination et que l’employeur a la responsabilité de s’assurer que nul n’exerce de discrimination notamment dans les conditions de travail d’une personne ainsi que dans l’établissement de catégories ou de classifications d’emploi. Les arbitres de griefs ont l’obligation d’appliquer la Charte dans tout traitement de litige.

« Le rapport d’enquête de la professeure Tania Saba démontre clairement l’existence de traitements discriminatoires au sein de l’arrondissement de Montréal-Nord. La Ville de Montréal admet elle-même “la présence de discrimination systémique dans des pratiques de gestion de l’arrondissement concernant les cols bleus” et s’engage à changer les choses. Le rapport du professeur Angelo Soares commandé par le syndicat arrive aux mêmes conclusions et met en lumière également des manifestations de racisme direct. Nous croyons qu’il est temps de passer à l’action, » a déclaré Myrlande Pierre, vice-présidente de la Commission responsable du mandat Charte. « La Ville, l’arrondissement de Montréal-Nord et le syndicat doivent faire cesser les actes et les propos racistes. La Ville et l’arrondissement doivent également former et sensibiliser adéquatement leur personnel pour éviter que ces actes et propos ne se reproduisent et mettre en œuvre les mesures prévues dans le cadre des programmes d’accès à l’égalité en emploi pour favoriser non seulement l’embauche, mais également la promotion et la progression des personnes membres de minorités racisées dans les différents niveaux hiérarchiques de l’organisation », a complété Mme Pierre.

La Commission est déjà en contact avec le Bureau de la commissaire à la lutte au racisme et aux discriminations systémiques, qui dit travailler dans une approche de transformation organisationnelle. Ces enjeux ont été abordés avec la commissaire et la Commission propose que des séances de formation sur le racisme et les biais implicites soient offertes aux gestionnaires des arrondissements de Montréal. À cet effet, la Commission a déjà donné une séance de formation à l’un des arrondissements et est disposée à collaborer avec la Ville pour poursuivre ce travail important qui peut éradiquer le racisme et les pratiques discriminatoires à la source. La Commission peut également accompagner le syndicat dans la mise en place d'outils de sensibilisation et d'éducation.

La Commission rappelle également que la Ville de Montréal est soumise à la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi dans des organismes publics et que ses résultats, bien qu’ils s’améliorent au fil des ans, démontrent encore des difficultés et des obstacles systémiques pour ce qui est de la progression en emploi des minorités visibles et des autres groupes visés par la Loi, notamment dans la représentation au niveau des cadres et contremaîtres ainsi que dans les emplois de métiers traditionnellement masculins. La Commission effectue d’ailleurs une surveillance soutenue et des suivis périodiques à cet égard et en appelle à l'obligation légale de la Ville en la matière.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse assure le respect et la promotion des principes énoncés dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Elle assure aussi la protection de l’intérêt de l’enfant, ainsi que le respect et la promotion des droits qui lui sont reconnus par la Loi sur la protection de la jeunesse. Elle veille également à l’application de la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi dans des organismes publics.

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Source :
Meissoon Azzaria
Coordonnatrice aux communications
438 622-3652
meissoon.azzaria@cdpdj.qc.ca