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3 décembre 2021Lettres et allocutions

La Commission continuera de défendre le droit à l’égalité des personnes en situation de handicap

Photo de trois personnes dont une personne avec un handicap par Nathan Anderson sur Unsplash.
En cette journée internationale des personnes handicapées, la Commission souhaite ramener sous les projecteurs l’importante question du respect des droits des personnes en situation de handicap, d’autant plus que 16% de la population québécoise âgée de plus de 15 ans vit avec au moins une incapacité.

Dans le cadre de la Journée internationale des personnes handicapées, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse croit important de réitérer que la Charte protège les personnes en situation de handicap. Il importe, en ce jour qui leur est consacré, de ramener sous les projecteurs l’importante question du respect des droits des personnes en situation de handicap, d’autant plus que 16% de la population québécoise âgée de plus de 15 ans vit avec au moins une incapacité.

Année après année, le handicap continue d’être le principal motif de plainte pour discrimination à la Commission. Des personnes en situation de handicap nous rapportent que leurs droits n’ont pas été respectés par un employeur, par une institution d’enseignement ou par le propriétaire d’un logement. Ce sont les trois principaux cas de figure. La Charte interdit pourtant la discrimination et protège le droit à la dignité et le droit à l’égalité. La Commission a d’ailleurs obtenu des réparations pour des centaines de situations de discrimination depuis sa création.

Ces derniers mois, la Commission a misé sur la recherche pour bien comprendre et documenter la situation des enfants en situation de handicap dans les camps de jour municipaux du Québec. Elle a interrogé des dizaines de gestionnaires de camps de jour qui se sentent pris entre l’arbre et l’écorce, avec de plus en plus de demandes pour adapter leurs activités et installations aux besoins des jeunes et une capacité d’offre qui ne suit pas le rythme à cause, entre autres, du manque de sensibilisation de certains conseils municipaux, de la difficulté de convaincre des jeunes professionnels bien formés d’accepter de travailler au salaire minimum et d’un fonctionnement en silo qui ne favorise pas la collaboration des spécialistes en santé et en éducation avec les camps de jour. Les obstacles sont importants, mais beaucoup moins que la nécessité pour un enfant en situation de handicap de partager avec d’autres jeunes les plaisirs de l’été.

La Commission a aussi consacré beaucoup de temps et d’effort pour approfondir la situation scolaire des élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA). Le panorama était préoccupant avant la pandémie. Il est aujourd’hui alarmant.

Notre société progresse mais trop lentement. Dans l’attente d’une vraie reconnaissance de leur droit à l’égalité, des personnes souffrent et des occasions se perdent. La Commission est passée maître dans l’art d’accompagner les employeurs et les prestataires de service vers un accommodement raisonnable. Il s’agit notamment de leur proposer de se placer un instant dans la peau d’une personne en situation de handicap. Une fois informés et sensibilisés, ces gens découvrent souvent par eux-mêmes la solution, normalement très simple et peu coûteuse, pour que la personne en situation de handicap se sente partie de l’entreprise qui l’emploie, de l’institution qui l’éduque, de l’immeuble qui la loge et de l’espace public dans lequel elle évolue.

Aujourd’hui, il est difficilement justifiable de construire ou de rénover un bâtiment à vocation publique (une catégorie qui englobe depuis le centre d’achat jusqu’au restaurant du coin, en passant par la station de métro et la salle de théâtre) sans prévoir un accès commode et respectueux aux personnes en situation de handicap. Les barrières à l’accès peuvent prendre la forme d’un escalier ayant pour effet de nier le droit d’accès aux personnes se déplaçant en fauteuil roulant.

Comme société et comme individu, notre comportement peut aussi faire barrière à une participation pleine et effective des personnes en situation de handicap à une société qui leur reconnaît dignité, valeur humaine et leur droit à la diversité, car les personnes en situation de handicap ont des identités diverses.

En cette Journée internationale des personnes handicapées, travaillons à une pleine reconnaissance du droit à l’égalité et à la dignité de toutes les personnes qui doivent se battre pour aller de l’avant malgré les obstacles.

 

Philippe-André Tessier, président
Sylvain LeMay, membre
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse