Module de formation : Homophobie à l'école.

Les effets engendrés

Je pratique... en découvrant les effets qu’engendre l’homophobie à l’école

Témoignage d'une jeune fille de 17 ans

« Il y a une différence qui départage les minorités sexuelles des autres minorités : nous pouvons être invisibles. On nous assimile à la majorité hétérosexuelle tant que nous n’affirmons pas le contraire. C’était mon cas pendant un certain temps. Je suis même allée jusqu’à sortir avec un garçon pour me prouver que je pouvais être comme les autres si j’y mettais du mien. Mais au lieu d’être acceptée par la majorité, j’ai perdu le respect de moi-même. Je me suis sentie complètement isolée de mes amies et de ma famille. On aurait dit que j’étais la seule à éprouver ces sentiments “anormaux”. Je ne pouvais me révéler à personne : qui aurait voulu avoir quelqu’un d’aussi malade et dérangée que moi pour amie? Ça m’a fait sombrer dans une spirale de colère et de haine de moi-même motivée par l’homophobie. Je me haïssais d’être devenue ce qui semblait être le pire cauchemar de tous : une homosexuelle. »

Pour qui connaît peu le phénomène de l’homophobie, il est utile de situer le contexte. Comme vous l’avez lu à l’étape 1.2, en général les jeunes prennent conscience de leur orientation sexuelle vers l’âge de 13 ans. Les jeunes hétérosexuels de cet âge disposent de plusieurs ressources comme la famille, les amis, l’école et la collectivité pour les aider durant cette période. En revanche, les jeunes homosexuels sont rarement portés à se tourner vers leur famille, leurs amis, leur école ou leur milieu pour demander de l’aide, par crainte de la réaction qu’ils risquent de susciter.

La grande différence entre la jeunesse homosexuelle et celle d’autres groupes minoritaires est qu’elle n’évolue pas dans un monde qui lui ressemble. Provenant de familles hétérosexuelles dans la vaste majorité des cas, ces jeunes sont issus de milieux où peu d’adultes homosexuels sont visibles. De plus, dans les écoles qu’ils fréquentent, les membres du personnel qui sont homosexuels osent rarement déclarer ouvertement leur orientation sexuelle. Ces jeunes font souvent partie de groupes d’amis qui recourent volontiers aux termes « fif » ou « gai » pour insulter leurs pairs et qui qualifient parfois les personnes de « tapettes » simplement pour en dire du mal.

Se sentant souvent complètement isolés, ces jeunes doivent parcourir un chemin difficile vers l’âge adulte, dans une société qui ne leur renvoie que des réactions négatives.

L’isolement, si éloquemment décrit plus haut par la jeune étudiante, expose les jeunes gais et lesbiennes à toutes sortes de problèmes. Quels sont ces problèmes selon vous?

Notez votre réponse.

Consultez ensuite cette liste non exhaustive des problèmes et des effets qu’engendre l’homophobie à l’école.Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.

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