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Une Charte, mille combats : La discrimination et l'exclusion au quotidien - l’histoire de Fred

Mon nom est Fréderic Cheezo, Anishnabe, nation anishnabe, je viens de Sherbrooke, j’ai vécu à Montréal depuis 7-8 ans. Je suis autochtone, je suis père monoparental puis j’ai été itinérant pendant de nombreuses années. Ça m’a empêché de m’épanouir, de pouvoir rencontrer mes atouts.

La discrimination que j’ai vécue on pourrait dire que quand j’ai été demandé de l’aide pour avoir un hébergement, souvent quand on me posait des questions « est-ce que tu travailles ? qu’est-ce que tu fais comme travail ? » les réponses que je donnais j’ai l’impression que ça leur faisait peur, fait qu’ils me disaient on va te rappeler plus tard, on va te donner des nouvelles : j’avais jamais de nouvelles. Je me suis même coupé les cheveux pour avoir l’air « propre », pis c’était pas assez. Le fait que la couleur de ma peau était foncée, j’ai l’impression qu’on me donnait moins de crédit, moins de chance le fait que je suis un gars de la rue ou peu importe.

Des fois j’ai l’impression que c’est la peur, l’ignorance des gens de leurs propres préjugés qui les empêchent de s’ouvrir au monde.

Je me sentais directement atteint en tant que personne, puis en même temps globalement, généralisé, en tant que personne en voulant dire une personne non-Québécoise mais en tant que tel j’ai des racines, je suis Québécois avec des racines autochtone, on pourrait dire. Je ne me suis pas senti vraiment accepté. Le fait de vivre l’exclusion ça nous met beaucoup de pression ça nous décourage, un sentiment d’impuissance on pourrait dire.

Ce que je fais pour combattre l’exclusion pour ma part, c’est de faire de l’art : de la musique, vidéo, skateboard. Ces trois éléments là m’aident à briser l’exclusion. J’ai fait un film qui s’appelle Face à Face, qui traite justement de l’exclusion sociale en tant qu’autochtone et père monoparental (« Hey trouve-toi une job espèce d’itinérant »).

Le fait d’avoir fait un film ça m’a aidé justement beaucoup à faire le point sur ma vie, de prendre conscience du fait que j’étais exclu, de reprendre mes droits, de reprendre ma place. Le fait que j’ai fait un film ça m’a aidé à prendre position, de dire : « je suis une personne, j’ai des droits, je mérite d’être entendu ». Je trouve que les droits de la personne sont là pour, en tant que médiateur, je trouve que c’est bon pour créer un pont entre les divisions qu’on a vues souvent dans la société.